Publié le 8 octobre 2026

Prix agricoles et alimentaires en 2025 : évolutions contrastées entre filières et tendances comparables aux pays voisins

Lait et produits laitiers
Viande, produits à base de viande et charcuterie
Œufs
Fruits et légumes
Pommes de terre et produits à base de pommes de terre
Bio
En 2025, les prix agricoles et alimentaires ont évolué de manière contrastée selon les produits. Les prix à la production ont progressé pour beaucoup de produits d’origine animale et reculé pour de nombreux produits végétaux. Les prix à la consommation ont quant à eux connu des évolutions plus différenciées. Malgré des tendances souvent similaires à celles observées dans les pays voisins, les niveaux de prix sont restés globalement plus élevés en Suisse. Les écarts de prix à la consommation se réduisent toutefois pour la plupart des produits observés.
Secteur Données agricoles et analyses du marché OFAG
Secteur Données agricoles et analyses du marché OFAG

© pixabay

1. Prix à la production en Suisse

En production animale, les prix à la production en 2025 ont augmenté par rapport à 2024 pour le lait cru, les œufs et la plupart du bétail de boucherie. En production végétale, les prix ont en revanche reculé pour la majorité des légumes, des céréales panifiables et des pommes de terre de consommation. Quant aux pommes, leurs prix sont restés stables à un niveau bas pour les variétés observées. Ces évolutions de prix sont, entre autres, imputables aux coûts de production et au niveau de l’offre.

Hausse du prix du lait à la production

En production laitière, l’année 2025 a été marquée par une augmentation de la quantité de lait cru commercialisé (+2,8 %) et une hausse du prix du lait à la production (+1,7 %). Le prix du lait à la production en Suisse a ainsi augmenté de 1.27 ct./kg par rapport à l’année précédente pour s’établir à 76.32 ct./kg. Le prix indicatif du lait de centrale du segment A a augmenté en juillet 2024 et est resté inchangé en 2025. Cette augmentation du prix indicatif du lait de centrale et la hausse des prix de produits laitiers ont contribué à la progression du prix du lait à la production. Depuis 2017, le prix du lait à la production a enregistré une hausse continue pour atteindre sa valeur la plus élevée en 2023 avant de reculer en 2024. La comparaison entre les périodes de 2009 à 2011 et 2023 à 2025 montre une progression du prix du lait à la production (+17,8 %).

Poursuite de la hausse générale des prix du bétail de boucherie

Le marché du bétail de boucherie poursuit le rétablissement commencé en 2025 dans la plupart des catégories de produits. Les prix des bovins ont augmenté, aussi bien dans la production AQ que dans la production biologique, et les prix à la production se situent, suivant la catégorie, de 7 à 8 % au-dessus du niveau de l’année précédente. Le veau a fortement tiré les prix vers le haut : après la chute enregistrée en 2024, les prix sont remontés en flèche, dans la production biologique (+10,6 %) comme dans la production AQ (+10,9 %). L’agneau suit le même mouvement à la hausse par rapport à l’année précédente, en progression de 4,3 % en production bio et de 5,2 % en production AQ. Par contre, le porc évolue de diverses manières, puisque les prix ont de nouveau quelque peu augmenté, à savoir de 2,3 % pour atteindre 4.52 fr./kg PM dans la production AQ, tandis qu’ils retombaient à 7.54 fr./kg PM dans la production bio, en baisse de 2,7 %.

Hausse des prix à la production des œufs

Les prix à la production des œufs ont tous augmenté en 2025 par rapport à l’année précédente, quel que soit le mode d’élevage. L’œuf bio passe à 47,98 centimes (+5,2 %), l’œuf d’élevage en plein air à 25,28 centimes (+4,8 %) et l’œuf d’élevage au sol à 22,27 centimes (+7,9 %). Notons toutefois que l’on observe sur le long terme une tendance à la baisse dans les modes de production conventionnels.
Le renchérissement tient en partie au fait que l’on a progressivement cessé de tuer les poussins mâles en 2025. Il s’inscrit aussi dans une augmentation générale du prix des œufs bio et des œufs d’élevage en plein air ces dernières années. L’augmentation est particulièrement visible en ce qui concerne l’œuf bio, qui a progressé de 17,2 % entre la période courant de 2002 à 2004 et celle courant de 2023 à 2025.

Baisse des prix à la production des céréales panifiables de culture conventionnelle

Dans les grandes cultures, les prix à la production ont enregistré en 2025 une baisse, un mouvement particulièrement marqué en ce qui concerne les céréales panifiables et les cultures fourragères. Le blé panifiable des classes Top et I sont passés respectivement à 55.99 fr. par quintal et à 57.29 fr. par quintal, soit 2 et 3 % de moins que l’année précédente. L’avoine fourragère et le maïs grain se sont établis à 29.80 fr. par quintal et à 36.70 fr. par quintal, en baisse de 2 et de 1 % par rapport à 2024. En revanche, le blé panifiable bio affiche une légère augmentation, passant de 107.20 à 107.63 fr. par quintal. Le blé fourrager de culture conventionnelle a aussi renchéri, s’élevant de 37.32 à 37.79 fr. par quintal (+1 %) pendant le même laps de temps.

Baisse des prix des pommes de terre de table

Pour la deuxième année consécutivement, on enregistre une baisse des prix à la production indicatifs des pommes de terre de table (non bio). En 2025, les variétés à chair ferme coûtaient 51.57 fr. par quintal, soit 8 % de moins qu’en 2024 et 12 % de moins qu’en 2023. Les variétés à chair farineuse coûtaient 47.39 fr. par quintal, soit 9 % de moins qu’en 2024 et 10 % de moins qu’en 2023. Par contre, le prix des pommes de terre destinées à la transformation n’a pas varié et s’est inscrit à 50.84 fr. le quintal, étant donné que ces tubercules se vendent à un prix fixe et négocié.
Il apparaît toutefois que, mesurée sur une longue période, l’évolution marque une hausse : les prix moyens des pommes de terre à chair ferme ont augmenté de 22,7 % entre la période comprise entre 2000 et 2022 et celle comprise entre 2023 et 2025. Dans le même laps de temps, les pommes de terre à chair farineuse ont renchéri de 19,7 % et le prix des tubercules destinés à la transformation a fait un saut de 23 %.

Pommes de la récolte 2025 : des prix faibles

Dans le domaine des fruits à pépins, les prix des deux variétés de pommes sous revue en 2025 n’ont pas varié, ou ont subi une faible baisse. Le prix indicatif de la Golden Delicious (non bio, classe I) est resté à 1 fr./kg, sans changement depuis l’année précédente. Celui de la Braeburn est passé de 1.08 fr./kg à 1.06 fr./kg (‑1,9 %), une baisse probablement imputable à la forte production. À l’opposé, la production de poires a diminué, poussant les prix à la hausse : celui de la poire Conférence est passé de 1.30 fr./kg en 2024 à 1.50 fr./kg en 2025.
L’évolution sur le temps long marque un renchérissement. Voici comment ont évolué les prix moyens entre la période comprise entre 2000 et 2003 et celle comprise entre 2022 et 2025 : pomme Golden Delicious +10,8 % ; pomme Braeburn +3,1 % ; poire Conférence +29 %. Dans l’appréciation de cette évolution longue, il faut tenir compte du fait que les coûts de production ont aussi augmenté notamment parce que le secteur de l’arboriculture fruitière s’est engagé dans le programme « Durabilité des fruits » (DuF). Ce programme prévoit des règles et, en contrepartie, des suppléments aux prix à la production ; les producteurs de cerises et de pruneaux aussi y prennent part depuis 2025, ce qui a eu pour conséquence que les prix indicatifs ont été relevés.

Baisse du prix de nombreux légumes par rapport à l’année précédente

La plupart des légumes de production conventionnelle sous revue affichent des prix en recul par rapport à l’année précédente. La carotte, qui est le légume le plus important de la production maraîchère, a vu son prix fléchir pour passer de 1.17 fr./kg à 1.11 fr./kg (‑5,1 %). Les baisses les plus considérables concernent la laitue pommée (de 1.25 fr. à 1.15 fr. l’unité, soit ‑8 %) et le céleri-pomme (de 2.25 fr./kg à 2.10 fr./kg, soit ‑6,7 %). Dans la production conventionnelle, le seul légume dont le prix s’est inscrit à la hausse entre 2024 et 2025 est le concombre (de 1.35 fr./kg à 1.44 fr./kg, soit environ +7 %).
De son côté, la production biologique a enregistré diverses fluctuations par rapport à 2024. À la hausse s’inscrivent les prix de l’oignon (+5 %), de la tomate, du chou-fleur (l’un et l’autre +2 %) et du concombre (+1 %), tandis que des baisses, parfois des chutes, ont marqué les prix à la production de la carotte (‑7 %), du céleri-pomme (‑5 %) et de la laitue pommée (‑4 %).

2. Prix à la consommation en Suisse

En 2025, les prix à la consommation ont légèrement augmenté par rapport à 2024 pour la majorité des produits laitiers frais. Les prix de divers produits à base de viande bovine et ceux d’œufs de poules élevées au sol ont également augmenté. En ce qui concerne les produits végétaux, les prix des fruits et ceux de la plupart des légumes ont baissé. Des baisses de prix ont également été observées pour le pain et les pommes de terre.

Hausse des prix à la consommation de produits laitiers frais

En 2025, les prix à la consommation de la plupart des produits laitiers frais ont légèrement augmenté par rapport à l’année précédente. À noter que le prix de la matière première (lait cru) a également augmenté en 2025. Quant aux fromages, les prix ont reculé pour quelques sortes, notamment le Gruyère AOP et la mozzarella. La comparaison sur le long terme, entre 2000 à 2002 et 2023 à 2025, montre une progression des prix à la consommation pour la plupart des produits laitiers. On a cependant observé, au cours de cette période, un recul des prix de quelques produits laitiers frais tels que la crème entière (-29,1 %) et la mozzarella (-29,6 %).

Mouvements disparates dans les prix à la consommation de la viande

En 2025, les prix à la consommation de la viande ont connu des évolutions diverses, même si le mouvement général s’est plutôt orienté à la hausse. En ce qui concerne la production conventionnelle (AQ), on note un renchérissement qui a touché particulièrement différents morceaux de viande de bœuf : le rôti dans l’épaule (+7,3 % = 33.70 fr./kg), la viande hachée (+4,4 % = 18.34 fr./kg), tandis que d’autres morceaux sont devenus plus avantageux : c’est le cas de l’entrecôte (‑1 %) et du steak (‑8,6 %). La situation est similaire en ce qui concerne la viande de porc : le rôti dans l’épaule a renchéri (+11,1 %), alors que le prix de l’escalope n’a pratiquement pas varié (‑0,1 %) et que ceux des côtelettes (‑0,1 %) et du ragoût (‑1 %) ont quelque peu diminué. Les prix de la viande de veau parfois ont monté (côtelettes : +1,4 % ; ragoût : +2,4 %), parfois ont baissé quelque peu (rôti dans l’épaule : ‑0,6 %). Relevons par ailleurs que le prix des produits suivants s’est caractérisé par une stabilité ou une faible baisse : la volaille et les charcuteries telles que le jambon, la saucisse de veau ou encore le salami.
Dans la production bio, on note une vigoureuse augmentation qui a touché différents morceaux de bœuf et de veau : l’entrecôte de bœuf (+6,3 %), le steak de veau dans le filet (+6,5 %) et l’escalope de veau (+4,4 %). Par contre, les prix de la viande hachée de bœuf bio (‑6,6 %) et du rôti de veau (‑11,1 %) ont chuté. Les évolutions sont diverses aussi en ce qui concerne la viande de porc bio : la côtelette est devenue moins chère (‑2,9 %) tandis que l’escalope a faiblement renchéri (+2,3 %). Dans une large mesure, le prix du poulet est resté stable, à part celui de la cuisse, dont le prix s’est un peu affaibli : ‑0,9 %. Sous la rubrique de la charcuterie bio, signalons la baisse qui touche le salami et la saucisse de Vienne, ainsi qu’une hausse : celle du cervelas et de la saucisse à rôtir.

Plongée de la livre de pain bis

Par rapport à 2024, les prix de la farine ont un peu augmenté en 2025. Seul celui de la farine bise marque une baisse de 3 %, passant de 2.21 fr./kg à 2.13 fr./kg. La farine mi-blanche a progressé pour passer de 2.10 fr./kg à 2.16 fr./kg (+3 %). De même la farine blanche et la farine du segment premier prix ont également augmenté (+2 % et +1 %). Le prix du pain bis (500 g) a chuté, tombant de 1.49 fr. à 1.21 fr la livre (‑19 %). Celui du pain mi-blanc a diminué de 3 % pour passer de 1.20 fr. à 1.16 fr la livre.

Affaissement des prix à la consommation de l’œuf bio et de l’œuf d’élevage en plein air

Les prix à la consommation des œufs ont connu diverses évolutions en 2025. Si l’œuf d’élevage au sol a renchéri, l’œuf d’élevage en plein air et l’œuf bio sont devenus meilleur marché. La hausse des prix se détaille de la façon suivante, en pour cent et en prix à la consommation de 2025, par comparaison avec 2024 : œuf cru suisse d’élevage au sol : +3,4 %, 41,61 ct. ; œuf cru d’importation, également d’élevage au sol : +3,4 %, 30,19 ct. ; œuf cuit d’importation, d’élevage au sol : +11,1 %, 38,83 ct. Le renchérissement des œufs importés s’explique principalement par les épizooties de grippe aviaire qui ont frappé l’aviculture à l’étranger, conduisant à un affaiblissement de l’offre, synonyme de hausse des prix.
Par contre, le prix de l’œuf cru suisse d’élevage en plein air a subi une baisse de 1,7 % pour se fixer à 61,61 ct. Même l’œuf cru bio est tombé à 86,04 ct. (‑0,8 %) ainsi que l’œuf cuit bio, vendu 1.32 fr. l’unité, en recul de 0,9 %. On assiste donc, de 2024 à 2025, à un recul général des prix à la consommation dans ce secteur, car l’œuf bio et l’œuf d’élevage en plein air constituent l’essentiel de la production d’œufs dans notre pays. La faiblesse des prix à la consommation, qui s’est manifestée malgré la vigueur des prix à la production, pourrait provenir du fait que le renchérissement découlant de l’abandon de l’élimination des poussins mâles n’a été répercuté ni entièrement ni immédiatement sur les prix à la consommation.

Pomme de terre conventionnelle : prix souvent en baisse

On observe pour 2025 un un recul général des prix au détail de la pomme de terre. Le prix de tous les produits non bio sous revue, à l’exception des pommes de terre nouvelles, est tombé à un niveau inconnu depuis 25 ans. Les pommes de terre à chair ferme (ligne verte) dans le conditionnement le plus fréquent (sac de 2,5 kg), se sont vendues à un prix extrêmement bas : 1.36 fr./kg, c'est-à-dire 3,5 % de moins que le prix enregistré en 2021 (1.41 fr./kg), qui était le plus bas observé depuis 2001. Les prix des pommes de terre à chair farineuse de la ligne bleue et de la ligne rouge (pour cuisson à haute température), de même que ceux des pommes de terre pour raclette se sont tous fixés au-dessous de 1.50 fr./kg. Ce phénomène provient probablement de la stratégie des prix cassés, appliquée depuis fin 2024 par un grand détaillant, ce qui a conduit d’autres détaillants à suivre le mouvement.

Prix du sucre cristallisé en baisse

En 2025, le prix du sucre cristallisé a reculé par rapport à l’année précédente (-21,2 % à 1.99 fr./kg). La comparaison entre 2000 à 2002 et 2023 à 2025 montre toutefois une évolution à la hausse (+57,2 %).

Prix en baisse au rayon des fruits

Les prix à la consommation de tous les fruits non bio ont diminué entre 2024 et 2025. Celui de la pomme Golden Delicious (classe I) a plongé de 9,5 % par rapport à 2024 pour s’inscrire à 2.94 fr./kg, le prix le plus bas des 25 dernières années. En revanche, celui de la poire Conférence (classe I) a gagné 0,3 %, passant de 3.18 fr./kg à 3.19 fr./kg. Le recul du prix annuel moyen de la fraise, qui couvre aussi bien les fraises suisses que leurs homologues importées, est particulièrement brutal : de 11.83 fr./kg à 9.81 fr./kg, soit une chute de 17,1 %.

Légumes de culture conventionnelle : beaucoup de baisses aussi

Tous les légumes sous revue dans la production conventionnelle sont devenus meilleur marché entre 2024 et 2025, sauf le concombre à salade. Les prix de l’oignon (‑23 %) et de la carotte (‑22 %) ont chuté de façon spectaculaire. À l’opposé, le chou-fleur (‑7 %) et la laitue pommée (‑4 %) accusent des reculs les plus modérés.
Au rayon des légumes bio, la carotte affiche une baisse (‑8 %) ainsi que le concombre à salade (‑8 %), alors que les autres légumes sous revue ont connu une hausse comprise entre 5 % (céleri-pomme) et 19 % (tomate).
Il existe aussi des variations remarquables que révèlent les comparaisons sur des périodes plus longues. Par exemple la carotte, qui est une denrée très importante sur le marché des légumes, a atteint en 2025 le prix le plus bas depuis vingt ans. La carotte de culture conventionnelle coûtait en moyenne 1.51 fr./kg, un prix très inférieur, en valeur, à l’avant-dernier prix pendant cette période, qui était de 1.77 fr./kg en 1999. La carotte bio coûtait en 2025 2.97 fr./kg, c’est-à-dire 1,33 % de moins que l’avant-dernier prix sur cette même échelle, qui était de 3.01 fr./kg en 2004.

3. Comparaison avec les pays voisins

En 2025, les prix à la production et à la consommation ont été généralement plus élevés en Suisse que dans les trois pays voisins observés que sont l’Allemagne, l’Autriche et la France. Par exemple, les prix à la production des pommes de terre à l’étranger ont été notablement plus bas qu’en Suisse. En ce qui concerne les prix à la consommation, la viande a été vendue à des prix particulièrement bas à l’étranger. Les consommatrices et les consommateurs allemands bénéficient des prix les plus bas pour la majorité des produits. Les évolutions des prix entre 2024 et 2025 montrent que les tendances en Suisse sont similaires à celles des pays voisins pour la plupart des produits végétaux. La comparaison se heurte toutefois à la disparité des facteurs qui influencent les prix en Suisse et à l’étranger.

Suisse et pays voisins : tendances de marché similaires en 2025, écarts de prix persistants

Différences caractéristiques des produits

Les produits suisses et ceux des trois pays voisins se différencient du point de vue de la qualité, du label, du conditionnement et des prestations de services. Lorsqu’aucun produit comparable n’a été trouvé, aucune indication de prix n’est donnée. Les produits observés sont les suivants: le lait cru, la viande, les œufs, les céréales et oléagineux, les pommes de terre, les fruits et les légumes.
En 2025, les prix à la production en Suisse ont été généralement supérieurs à ceux des pays voisins en raison des facteurs d’influence mentionnés ci-dessous. Pour le lait et les œufs, les prix sont relativement homogènes dans les trois pays de l’UE. En ce qui concerne les fruits et les légumes, les différences de prix sont cependant importantes pour quelques produits tels que les pommes et la laitue pommée. Dans les trois pays voisins, les prix du lait à la production se situent entre 59 et 69 % du prix suisse. Pour ce qui est des œufs, les prix s’établissent à 65 % du prix suisse. Les prix des fruits, des légumes et des pommes de terre dans ces pays voisins sont aussi inférieurs à ceux observés en Suisse. Les écarts peuvent toutefois être très différents selon le pays et le produit. Ainsi, les prix à la production des diverses sortes de légumes observés dans ces pays voisins se situent entre 24 et 74 % de ceux de la Suisse. Les prix à la production des pommes de terre sont particulièrement bas dans les pays voisins, la valeur la plus basse étant observée en Allemagne (37 % du prix suisse).
Les tendances des évolutions des prix à la production entre 2024 et 2025 dans les pays voisins sont comparables à celles de la Suisse pour la plupart des produits. Ainsi, les prix des produits animaux ont en général augmenté et ceux des produits végétaux ont en majorité baissé aussi bien en Suisse que dans les pays limitrophes. Les évolutions sont toutefois plus accentuées à l’étranger qu’en Suisse pour certains produits. Par exemple, le prix du blé panifiable a reculé de 20 % en Allemagne, contre 3 % de baisse en Suisse. Entre 2021 et 2025, l’écart des prix à la production entre la Suisse et les pays voisins a eu tendance à se réduire pour la plupart des produits animaux observés. Pour les produits végétaux, la tendance est en revanche à l’accroissement de cet écart, à l’exception des pommes de terre, pour lesquelles celui-ci s’est réduit.

Prix à la consommation de la viande particulièrement plus bas dans les pays voisins

Diversité des produits

La comparaison des prix à la consommation est encore plus difficile que dans le cas des prix à la production, notamment en raison de la plus grande diversité des produits. Des différences de prix peuvent en particulier résulter des facteurs d’influence mentionnés ci-dessous, lesquels sont variables d’un pays à l’autre. Les produits observés sont les suivants: le lait et les produits laitiers, la viande, les œufs, les pommes de terre, les fruits et les légumes.
À l’instar des prix à la production, les prix à la consommation en 2025 ont également été plus élevés en Suisse que dans les pays voisins. Les consommatrices et les consommateurs allemands bénéficient des prix les plus bas pour la plupart des produits. Le prix des pommes de terre à chair farineuse en Allemagne se situe ainsi à 40 % du prix suisse, contre 88 % pour la France. Dans les trois pays voisins, les prix au détail se situent entre 38 et 90 % de ceux de la Suisse pour les produits laitiers, et entre 34 et 77 % pour la viande.
La différence de prix entre la Suisse et les trois pays limitrophes est particulièrement élevée pour la viande. Dans ces trois pays, les consommatrices et les consommateurs paient ainsi la plupart des viandes plus de 50 % moins cher qu’en Suisse. Le prix de la tranche de porc (cuisse) en Autriche et en Allemagne se situe entre 33 et 34 % de celui de la Suisse. Quant aux produits laitiers, l’écart de prix le plus élevé concerne le beurre en Allemagne, soit 38 % du prix suisse.
En ce qui concerne les évolutions des prix à la consommation entre 2024 et 2025, les tendances en Suisse sont similaires à celles des pays voisins pour la plupart des produits végétaux. Ainsi, les prix de la majorité des produits végétaux ont reculé aussi bien en Suisse qu’en Allemagne. Quant aux produits animaux, les prix à la consommation ont connu une évolution diversifiée, aussi bien en Suisse que dans les pays voisins. Entre 2021 et 2025, on observe pour la plupart des produits une tendance à la baisse de l'écart des prix à la consommation entre la Suisse et les pays voisins.   
Remarque : Les chiffres des diverses années doivent être comparés et interprétés avec circonspection, car les sources des données et les caractéristiques des produits peuvent varier d'une année à l'autre.

Prix à la consommation dans les pays voisins

prix Suisse et pays voisins

© FranceAgriMer, Agreste , Insee, GfK Austria, Bundesanstalt Statistik Austria, Bundesanstalt für Agrarwirtschaft Österreich, AMI, GfK (D), OFAG

Facteurs explicatifs des différences de prix

Les prix à la production et à la consommation en Suisse et dans les trois pays voisins (Allemagne, France et Autriche) sont présentés dans cette analyse pour divers produits animaux et végétaux. Ils sont influencés par plusieurs facteurs tout au long de la chaîne de création de valeur. Le principal facteur d’influence est le niveau plus ou moins élevé de la protection douanière. De ce premier facteur découle une partie significative des autres facteurs explicatifs suivants: la structure des exploitations, le coût des facteurs de production, ainsi que les structures de transformation et de distribution. Les prescriptions légales et les standards privés influencent également le niveau des prix. Ces facteurs ne sont pas tous identiques pour la Suisse et ses pays voisins. Par ailleurs, la comparaison se heurte à la difficulté de trouver des produits identiques et commercialisés à des stades comparables pour lesquels les données sont disponibles.

4. Conclusion

L’année 2025 a été marquée par des évolutions contrastées des prix agricoles et alimentaires en Suisse. À la production, les prix ont généralement progressé pour les produits d’origine animale, notamment le lait, les œufs et une grande partie du bétail de boucherie, tandis qu’ils ont reculé pour de nombreux produits végétaux, en particulier les légumes, les céréales panifiables et les pommes de terre. Ces évolutions reflètent principalement les variations de l’offre ainsi que l’évolution des coûts de production.
Au niveau de la consommation, les évolutions de prix ont été plus différenciées. Les prix de plusieurs produits laitiers frais, de certains produits à base de viande et des œufs de poules élevées au sol ont augmenté, alors que ceux des fruits, de la plupart des légumes, du pain, et des pommes de terre ont reculé. Les prix à la consommation de l’œuf bio et de l’œuf d’élevage en plein air accusent une légère baisse, malgré la hausse des prix à la production. Pour plusieurs produits végétaux, les baisses observées ont conduit à des niveaux de prix historiquement bas.
La comparaison avec l’Allemagne, l’Autriche et la France confirme que les prix à la production et ceux à la consommation demeurent globalement plus élevés en Suisse. Les écarts sont particulièrement marqués pour la viande et les pommes de terre, tandis que l’Allemagne présente, pour la majorité des produits observés, les niveaux de prix les plus bas. Entre 2021 et 2025, les écarts de prix à la consommation entre la Suisse et les pays voisins ont eu tendance à se réduire pour la plupart des produits observés. Quant aux prix à la production, la tendance est également à la baisse pour les produits animaux, tandis que les écarts se sont accrus pour la plupart des produits végétaux.
 Malgré ces différences de niveaux, les évolutions entre 2024 et 2025 ont souvent suivi des tendances similaires pour la Suisse et les pays limitrophes: hausse des prix des produits animaux et baisse de ceux des produits végétaux. Ces résultats soulignent à la fois l’intégration des marchés agricoles européens et les spécificités structurelles du marché suisse. Ils montrent que l’analyse des prix doit être interprétée à la lumière des différences de coûts de production, de normes de qualité, de systèmes de production, de labels et de conditions de commercialisation qui influencent la formation des prix dans chaque pays.

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